
Sans velours, tout se voit
Un kilim n'a pas de poil pour cacher la salissure — ni pour absorber une erreur. Nettoyage de kilims, soumaks et tissages plats : lavage doux à plat, traitement des franges et des fentes, séchage sans déformation.
- Par matière
- Tissage plat
- Lavage à plat
- 7 à 14 jours
Un kilim n'a pas de velours : la trame passe par-dessus et par-dessous la chaîne, et c'est elle qui porte le dessin. Il n'y a donc rien pour dissimuler une auréole, un rétrécissement ou une brosse passée trop fort — tout apparaît immédiatement, des deux côtés.
Ces pièces sont aussi les plus sensibles à la déformation : sans nœud pour bloquer la structure, un séchage mal conduit laisse un kilim en losange. Le nôtre se fait à plat, sous légère tension, sur toute la durée du séchage.

Comment nous procédons
Quatre étapes, dans cet ordre. En sauter une, c'est ce qui distingue une réparation d'un rafistolage.
Aspiration des deux faces
Un kilim se salit recto verso. Les deux côtés sont dépoussiérés séparément.
Consolidation préalable des fentes
Les fentes de tissage — fréquentes aux changements de couleur — sont bloquées avant le bain, sinon l'eau les élargit.
Bain doux et pression à plat
Pas de brossage appuyé : on presse à l'éponge. La trame se déplacerait sous la brosse.
Séchage sous tension
Le kilim est épinglé à plat, équerré, et séché lentement pour retrouver ses angles droits.
Ce qu'il ne faut pas faire
Nous récupérons chaque année des pièces abîmées non par l'usage, mais par une réparation faite trop vite. Voici les trois erreurs que nous voyons le plus souvent sur cette intervention.
Le laver comme un tapis à velours
Un kilim n'a pas de velours : la trame est la surface. Il n'y a aucune épaisseur pour absorber l'eau et le produit, et tout ce qu'on met dessus traverse et ressort de l'autre côté, en emportant la couleur du fil voisin.
Le sécher à plat sans tension
Un tissage plat mouillé se rétracte de façon inégale selon les fils. Séché libre, il se met en losange et ne redevient jamais rectangulaire. On le sèche sous tension mesurée, aux quatre côtés.
Ignorer les fentes aux changements de couleur
Les kilims sont tissés en aplats reliés par des fentes verticales. Ces fentes sont normales, mais une fente qui s'allonge est une trame qui lâche. Reprise à temps, c'est une heure ; laissée courir, c'est une lacune à recomposer.
Le geste, de près

Combien de temps, et pourquoi ce prix
Nous préférons annoncer les choses avant : ce qui prend du temps, ce qui le fait varier, et ce qui, dans la matière elle-même, change la méthode.
Délais, et ce qui fait le prix
Une semaine à dix jours. Le dépoussiérage est plus rapide que sur un tapis noué, mais les tests de solidité sont plus nombreux : les kilims anciens cumulent souvent une dizaine de teintures différentes sur la même pièce, dont certaines très mobiles — les rouges de garance et les orangés en particulier. Le prix reste modéré sur une pièce saine ; c'est l'état des fentes et des lisières qui le fait varier.
Matières et cas particuliers
Kilim anatolien, soumak caucasien, hanbel marocain, cicim brodé : ce sont des structures différentes sous une même famille. Le soumak, avec ses fils enroulés, se comporte à l'eau autrement qu'un kilim en tissage à fentes. Beaucoup de pièces mêlent laine et poil de chèvre, parfois du coton sur les blancs ; chaque matière boit différemment, et c'est pour ça que le bain est court et l'égouttage immédiat.
À propos de cette intervention
Parce qu'il a séché sans tension, ou qu'il a été lavé à la machine. La remise en équerre au séchage corrige la plupart des cas.
Aux changements de couleur, non : c'est la technique même du kilim, qui laisse une fente là où deux zones de couleur se rencontrent. Elles ne deviennent un défaut que lorsqu'elles s'allongent.
Non, elles sont constitutives du tissage à fentes. Ce qui est un défaut, c'est une fente qui s'allonge ou dont les bords s'effilochent : là, il faut reprendre.
Oui, et c'est souvent la meilleure place. Il faut un système qui répartit le poids sur toute la largeur — une bande cousue à la main, jamais des clous ou des pinces ponctuelles.
En général oui, à surface égale, parce qu'il n'y a pas de velours à dépoussiérer en profondeur. Mais un kilim ancien fragile peut demander davantage de précautions, donc davantage de temps.
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Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».