
Le tapis persan
Iran. Nœud asymétrique, dessin curviligne, atelier plutôt que campement — c'est la famille la plus large et la plus finement documentée du tapis d'Orient.
- Iran
- Nœud asymétrique
- Laine, soie, coton
- 60 à 900 000 nœuds/m²
On appelle « persan » ce qui se noue en Iran, et la première chose à savoir est que ce mot recouvre des productions qui n'ont presque rien en commun : un Heriz de village à grosse laine et un Qom de soie à neuf cent mille nœuds au mètre carré sont deux métiers différents.
Le dénominateur commun est technique : le nœud asymétrique, dit persan, qui s'enroule complètement autour d'un fil de chaîne et passe simplement derrière l'autre. Il autorise des densités très élevées et des courbes fluides — d'où les médaillons, les arabesques et les rinceaux floraux qui font la réputation de ces tapis, là où le nœud turc pousse vers la géométrie.
Les grandes productions se lisent au dessin autant qu'à la structure. Tabriz et son médaillon central au fond dense ; Kashan et ses fonds rouge profond ; Kirman et ses palettes claires ; Isfahan et ses chaînes de soie ; Qom, presque toujours en soie ; Heriz et sa géométrie anguleuse ; Bidjar, si serré qu'on l'appelle « le fer de la Perse » et qu'il ne faut jamais plier.

Quatre repères
Le nœud
Asymétrique : au dos, un des deux fils de chaîne est visiblement plus couvert que l'autre.
La chaîne
Coton le plus souvent, soie sur les pièces d'atelier fines, laine sur les productions tribales.
Le dessin
Courbe. Médaillon, écoinçons, bordure principale encadrée de deux contre-bordures.
La lisière
Fine, surjetée en laine ou en soie, souvent d'une seule couleur.
Ce que cette famille demande
Trois vues du travail que ces pièces appellent le plus souvent.



Ce que cette famille demande
Un persan fin se restaure à l'aiguille la plus fine et demande une teinture au bain très précise : sur un fond uni de trois mètres carrés, un demi-ton d'écart se voit à trois mètres. Sur les Bidjar, la difficulté est inverse — la densité rend le retissage lent et le tapis ne pardonne pas d'être plié.
Entretenir, et savoir ce que cela vaut
Deux questions qui reviennent à chaque fois qu'une pièce de cette famille arrive à l'atelier.
L'entretien de cette famille
Un persan supporte très bien l'eau à condition qu'elle soit froide et le savon neutre. La règle d'atelier tient en trois temps : dépoussiérer longtemps, laver court, rincer beaucoup. Sur les pièces d'atelier fines — Qom, Isfahan, Nain — la chaîne de coton est très serrée et le tapis met davantage de temps à sécher : on le tend légèrement pour qu'il ne se creuse pas. Sur les productions de village, Heriz et Bidjar en tête, la difficulté est le poids : un Bidjar mouillé pèse trois fois son poids sec, et il ne se manipule pas plié.
Ce qui fait sa valeur
Le marché du persan s'est beaucoup déplacé en trente ans. Les grandes pièces d'atelier des années 1960 et 1970, longtemps recherchées, se vendent aujourd'hui bien en dessous de leur prix d'achat, tandis que les pièces tribales anciennes et les petits formats de collection tiennent. Ce qui fait la valeur, dans l'ordre : l'âge et la nature des teintures, la finesse, l'état du velours et des lisières, et le format — un tapis de quatre mètres sur trois trouve moins d'acheteurs qu'un deux mètres sur un mètre trente, quelle que soit sa qualité.
Sur cette famille
Par le dos. Le persan a un nœud asymétrique et un dessin dont les courbes sont légèrement irrégulières ; la copie est plus régulière, souvent plus brillante, et sa laine est plus douce.
Oui, si sa laine est robuste — Heriz, Bidjar, Hamadan. Un Qom de soie, non.
Deux fois par an, d'un demi-tour. C'est le geste d'entretien le plus efficace : il répartit l'usure et l'exposition à la lumière.
Les autres familles
Faites d'abord établir le diagnostic
Il est gratuit, il n'engage à rien, et il vous dira exactement ce que votre tapis demande — y compris quand la réponse est « rien pour l'instant ».