
Le tapis chinois
Chine. Velours sculpté, palettes pastel, symbolique dense : une tradition qui ne doit presque rien au répertoire persan.
- Chine
- Nœud asymétrique
- Laine, soie
- 60 à 250 000 nœuds/m²
Le tapis chinois se distingue par un espace laissé vide : là où le tapis persan couvre tout, le chinois pose quelques motifs sur un large fond uni. Les palettes sont plus claires — bleu de Chine, jaune impérial, pêche, ivoire — et la symbolique est explicite : chauve-souris pour le bonheur, pêche pour la longévité, grecque pour la protection.
Le velours est souvent sculpté, c'est-à-dire taillé en biseau autour des motifs, ce qui crée un relief visible en lumière rasante. Les productions art déco de Pékin et Tientsin, des années 1920-1930, ont porté cette technique à son sommet.
La laine chinoise est plus douce et un peu moins résistante que la laine anatolienne ; les velours sculptés s'usent d'abord sur les arêtes du relief.

Quatre repères
Le fond
Large, uni, avec peu de motifs — l'inverse du persan.
Le velours sculpté
Biseau taillé autour des motifs, visible en lumière rasante.
La palette
Bleu, jaune, pêche, ivoire ; pastels.
Les motifs
Symboliques et identifiables : chauve-souris, pêche, dragon, grecque.
Ce que cette famille demande
Trois vues du travail que ces pièces appellent le plus souvent.



Ce que cette famille demande
Restaurer un velours sculpté exige de reproduire le biseau après le nouage, à la main, au ciseau courbe. C'est ce qui fait qu'une reprise sur un chinois prend plus de temps qu'une reprise de même surface sur un persan.
Entretenir, et savoir ce que cela vaut
Deux questions qui reviennent à chaque fois qu'une pièce de cette famille arrive à l'atelier.
L'entretien de cette famille
Le chinois classique a un velours épais, sculpté en relief autour des motifs, et une palette douce — bleu de Pékin, jaune impérial, ivoire. Ce relief est le point délicat : un brossage ou une monobrosse l'écrase et le dessin perd son ombre portée. On lave à plat, on peigne dans le sens, et on retaille au ciseau si le relief s'est tassé. Les pièces d'exportation des années 1920 et 1930, très nombreuses en France, ont souvent des teintures peu solides sur les bleus : test obligatoire.
Ce qui fait sa valeur
Les tapis chinois de la période Art déco — Nichols, Fette, les pièces de Tianjin — connaissent un retour marqué depuis une dizaine d'années, portés par la décoration. Les pièces impériales anciennes, très rares, relèvent d'un marché à part. La production contemporaine, en revanche, s'est beaucoup réduite : la Chine tisse aujourd'hui surtout pour l'export de moyenne gamme. Sur l'ancien, l'état du relief et la fraîcheur des couleurs comptent autant que la finesse.
Sur cette famille
C'est le ciselage : le velours est retaillé plus bas autour des motifs pour les détacher. C'est une caractéristique, pas une usure.
Ils datent des années 1920-1930. Ce ne sont pas des antiquités, mais ce sont des pièces de décoration recherchées.
Après lavage et peignage, en grande partie. Un ciselage de reprise peut restituer le reste.
Les autres familles
Faites d'abord établir le diagnostic
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